ATTELAGE
l’attelage est une figure un peu plus compliquée, mais pas inabordable pour autant. Il s’agit d’un jeu de mots, où un terme abstrait est “attelé” à un terme abstrait. On joue donc sur les sens propres et figurés d’un même mot. Un exemple bien connu, qui nous vient de Victor Hugo : “il était vêtu de lin blanc et de probité candide”. On joue ici sur le sens du mot “vêtu”, “être habillé” ou “qui veut donner une impression de”. Facile non ? Pour commencer plus facilement, on peut chercher dans les expression consacrées : “Je repris mon souffle et un verre de rose”.
Je pense que ce procédé sera parfait pour vous décrire l’embrouillamini qu’aura été le début de nosd amours, à mon p’tit chat et moi :
J’avais 15 ans et absolument rien dans les poches. Aucun représentant de la gente masculine ne s’était penché sur mon 1m45, et tant bien que mal, je gardait l’espoir d’une rencontre fortuitement et grandiosement amoureuse, ainsi que mes livres de contes et mes robes de princesse. Et lui, d’un seul coup, fut là et beau, devant moi. Ca ne pris de temps et lui ma main : je tombait dans le lit, ce 22 avril, et absolument amoureuse de cet étrange être aux yeux bleus. Il était diplômé en boulangerie, pas trop grand, pas trop gros, pas très riche. je n’ai jamais considéré comme applicables à toute une chacune de garder sa virginité et son sang-froid jusqu’au mariage quelles que soient les circonstances, je ne les prit donc pas pour moi. Qu’en faire, après ? Je la perdais, cette vieille amie que je ne connaissais pas. Je la lui donnait, elle ne se plaignit pas. Je m’arrêtais donc sur lui, et lui sur moi. Mais je passais mon bac et de fait pas assez d’heures à travailler car beaucoup trop à regarder le blanc de ses yeux toujours aussi bleus. Après les premières restrictions parentales, faciles à mettre en place quand on habite loin l’un de l’autre (mais qui ne fonctionnèrent pas pour autant puisqu’), il y eu rondement la mise au vert : aller-retour pour un lointain continent, avec 2 mois entre les deux. Je dois l’avouer : cela m’a permi de reprendre mon souffle, du poil de la bête et quelques kilos (mais aucun centimètres). Malheureusement, en gagnant ainsi en confiance, je perdit peu à peu la sienne : que fait ma copine quand je ne suis pas avec elle, qu’elle va bien et qu’elle est belle ? Classique. Au retour, il baissa une dernière fois avant longtemps mon pantalon et dans mon estime. Je pris mes affaires et mes jambes à mon cou. 3 ans et les couleurs sur les phots qu’ils m’avait laissées passèrent. J’avais beau m’être remise au vert (attrapant au passage un rhume et un québécois pas bégueule), je pensais toujours à Lui. J’avais bien envie de revenir chez lui et sur mes paroles. Ca lui allait, c’est ce que nous fîmes. Il me fit l’amour, un emprunt, des salles à manger, de bain ou à coucher, ainsi qu’un joli, petit potager. Mais il se posa également en maître et dans le canapé, une canette de bière à la main. Je me perdait en conjectures, dans les méandres de ma t^te et dans les rues de mon propre village…. déboussolée. Alors, face au spectacle de ma propre errance, j’ai réagi, et je me suis dit : “ma petite garde-le et à l’esprit que tu l’aimes, c’est pas suffisant pour tout arrêter !” Ca m’a enlevé un doute et une épine du pied. A 2, on a mis les choses à plat, de nouvelles cartes dans notre jeu et de l’eau à notre moulin (et dans notre vin !) Ca vaut bien le coup ! On n’arrivera peut-être jamais au bout du bout, mais en tout cas, ce qu’on peut dire, c’est que plus on est proche l’un de l’autre, moins on ne se rapproche pas du but.