OuXPo
Ouvrez les écoutilles, j'vais vous causer deux secondes (peut-ête plus) de littérature.
Non, pas celle que t'as couchée sur des p'tites fiches quand tu frottais encore tes culottes sur le banc des écoles, nan, plutôt celle dont on a pas eu le temps de te parler.
Tu t'es demandé : "Bon, cool, je sais ce qu'est un oxymore ( Ô fangeuse grandeur ! ) et un palindrome ( l'ami naturel ? le rut animal….), j'en fais quoi maintenant ?"
Connaitre, ce genre de figures… ben ça permet juste d'y accéder ensuite, dans le monde de tous les jours ! Vos chers écrivains ils en utilisent tout plein ! Puis, tout ça passe dans le domaine public et hop, ça vous fait une référence qu'on détourne, qu'on retoune… Les publicitaires les utilisent énormément, et pas que dans leurs textes, aussi en images !
Allez, exemple. 'Tention, ça va être fulgurant. Pub classique pour une tuture, la zolie me-demandez-pas-le-nom-je-sais-pas (un jeux MB), vous savez, celle qui "dompte la route", quand elle a un pilote de Formule 1 qui lui tient le volant ? (mais si, la route, elle devient un gros serpent, et pan ! lui il (Kimmi Raikönnen si je n'm'abuse) lui plante un panneau virage dangereux" dans le dos ! Ayé, situez ?) Métaphore !! La route = ruban qui serpente = serpent (métaphore), il s'ensuit donc que voiture = moyen de dompter route = t'es un boss si tu l'as !
Et tout ça sans vous le dire, suffit de faire un parallèle "parlant", dans ta tête ça marche pareil, même si tu sais pas ce qu'est une métaphore ! Mais si tu sais, tu peux rigoler un p'tit coup sous cape pis tu fais un post dessus sur ton blog…. voila voila…. Tu comprends, donc, mais tu peux faire aussi ! Une fois que t'as compris, tu te dis : "allez hop, je vais t'en faire un, moi, de palindrome même pas peur !" Et hop, tu jettes à la face du monde :
"Pile le pis !" (palindrome de syllabes, poignant)
Cool, non ? Mais y a mieux qu'énumérer des figures de styles ! Faut passer au texte ! Et là, on parle de contraintes.
Et pour parler de containtes, soyons malins, parlons d'OUXPO. Cette bête poilue signifie OUvroir d'X POtentiel. Son but : créer du lard ou du cochon à base de contraintes volontaires, et ce dans tous les domaines : littérature, donc, mais aussi grammaire, politique… Petit exemple de contraintes…
Petite Définition, et Historique de Wikipédia.
(pour ceux qui se demandent ce qu'est le Collège de Pataphysique)
Contrainte du mois: Locurime
Alias : Aphorime
Définition On utilise la rime comme principe de substitution dans des locutions courantes ainsi que dans des formules aphoristiques ou proverbiales. Exemple d’aphorime: soit le vers de La Fontaine “ rien ne sert de courir, il faut partir à point” ; il peut engendrer la série d’aphorimes suivantes : Rien ne sert de (barrir, chérir, fleurir, guérir, mûrir, mourir, nourrir, périr, pourrir, quérir, sûrir, tarir), il faut (barrir, chérir, fleurir, guérir, mûrir, mourir, nourrir, périr, pourrir, quérir, sûrir, tarir) à point
Rien ne sert de gémir, il faut s'ouvrir à point
Mais vous me dites "Zut, c'est pas un texte !", ah mais oui, L'Oulipo, sa spécialité, reste le texte.
Exemples de textes à contraintes, et encore plus de contraintes.
Quand les grands de la plume s'y mettent, ça peut donner des trucs sympas… L'Ougrapo, par exemple, est venu, dans la droite ligne de la pataphysique, mettre sur la table bordélique de la langue des solutions au carences de la gammaire écrite, ou proposer une autre logique…
Manifeste de L'OUGRAPO et exemples de contraintes/règles ougrapiennes :
Manifeste de l'OuGraPo
Peut-on jouer avec la grammaire ? Assurément oui. Même si son but n'était pas le même que le nôtre, Érik Orsenna l'a joliment montré avec La Grammaire est une chanson douce. Nous explorons une autre voie, cependant, que la description plaisante de la grammaire existante : il s'agit bel et bien, à la manière du « surjonctif » de Queneau, de créer des éléments qui n'existent pas, mais pourraient exister, et dont la rareté ou les subtilités d'emploi expliquent sans doute qu'ils aient échappé à la sagacité des linguistes et grammairiens. La grammaire renvoie trop souvent à l'idée de quelque chose d'ennuyeux, de rébarbatif, de scolaire dans l'acception la plus bêtifiante du terme. Elle peut cependant être ouverture, prétexte à réflexion ludique sur le fonctionnement de la langue, et loin de nous enserrer dans ses étroits filets, libérer au contraire l'imagination et la créativité pour de passionnants jeux de formes qui valent bien d'autres jeux de mots.. Qui dit Ou-X-Po dit contrainte — et l'OuGraPo ne déroge point à la règle. Il faut que les propositions fassent apparaître des formes grammaticales inconnues, que ces formes mêmes soient justifiées, que leur emploi soit explicité et même que d'utiles citations soient dénichées. Queneau avait donné l'exemple en exhumant sa version de la Cantilène de sainte Eulalie. L'OuGraPo est né d'échanges sur le forum Usenet fr.lettres.langue.francaise. Il est composé pour l'instant par les fondateurs (les tout premiers ougrapiens qui s'y soient manifestés). Il règlera les questions qui surgiront en définissant, au fur et à mesure, ses règles de Bon Usage. Les membres de l'Ouvroir de grammaire potentielle
•Ailleurs — En conjugaison relativiste, nous informe Gilles Esposito-Farèse, il faut ajouter aux traditionnels passé, présent et futur l'ailleurs
•Alternances eau/elle — À un nom féminin se terminant par ~elle correspond un nom masculin s'achevant par ~eau, et vice-versa, comme le démontre Alain Zalmanski. (un troupeau de moutons, une troupelle de brebis)
•Conjugaison potentielle — Pierre Hallet trouve que la conjugaison du français fait la part trop belle au passé par rapport au futur, et que le participe est moins bien traité que l'indicatif. Mais il se pourrait que ça allerât changer.
•Contre-auxiliaire — Alain Zalmanski conteste la dictature de certains verbes auxiliaires. Mais ce contre-auxiliaire est plutôt un double auxiliaire utilisé en fonction du contexte sémantique.
•Démonstratifs du lointain — Plus fidèle au latin, l'italien, nous apprend Dominique Didier, dispose d'une plus grande variété de démonstratifs que la langue française. Aussi propose-t-il d'y remédier pour l'expression du lointain, voire du très lointain.
•Impératif futur — Comme son équivalent latin, il sert à donner des ordres dont on attend la réalisation dans le futur. À partir d'échanges dans le forum fr.lettres.langue.francaise, une synthèse et une mise en forme réalisées par Vincent Ramos.
•Mode négatif des verbes — Les verbes, depuis longtemps, ont une forme négative qui s'applique aux temps et modes existants par application (locale) d'un préfixe i (y ou in dans certains cas). Contribution d'Alain Zalmanski à la manière de Grevisse.
•Numéraux — Trop irrégulière, la série dix-sept, dix-huit… ! Au lieu de réformer onze en dix et un, douze en dix-deux, treize en dix-trois, prenons en compte (!) la musique des formes existant jusqu'à seize. Et voyez comment Vincent Ramos et Dominique Didier en sont arrivés à septeize, octoze, noveize (sans compter quinq ou tronze).
•Participe futur — Soulageons ce pauvre participe présent si souvent harassé ! Le participe futur le remplacera lorsqu'il servira à exprimer une idée prenant place dans le futur.
•« Sui », pronom personnel — Se joue le rôle de complément direct ou indirect, alors que le ou la ont lui. Sui offre bien des avantages, selon Pierre Hallet : y compris de régler le problème d'accord (interdit) du participe dans ils se (sui) sont succédé.
•Subjonctif futur — Vincent Ramos en avait besoin. Il n'existait pas : il l'a inventé !
•Surconditionnel — Comment traduire l'irréalité de ce retour dans le passé de deux personnages qui n'existent même pas dans le présent ? Inspiré par le surjonctif de Queneau, Luc Bentz propose d'utiliser le surconditionnel.
•Ze, article définitif — Inspiré par l'exemple de Ze bank, Pierre Hallet suggère d'utiliser ze comme un pronom définitif permettant de signaler ce qui est… la crème de la crème (anglicisme à la française oblige ici).
J'vont à la ville avec la troupelle de chamelles. Y a au moins quinquatouze bornes, c'est trés là-bas !!
Et pour ceux qui sont vraiment en manque de lecture, tiens je me fends d'un extrait de la HARANGUE INAUGURALE de Sa Magnificence le Vice-Curateur-Fondateur du Collège de 'Pataphysique prononcée le 1er décervelage LXXVI de l'ère Pataphysique
Chers Provéditeurs, Chers Satrapes, Chers Régents, et vous tous, chers Auditeurs au Collège de 'Pataphysique, En voyant si dense la présente Assemblée, réunie pour ces solennelles et inaugurales Assises, il ne nous est guère possible d'écarter à la légère certains doutes (sensation) qui pourraient embrumer les enthousiasmes. Que ce Collège de 'Pataphysique, après une longue gestation, soit enfin venu au Monde et que le Monde vienne à lui (applaudissements), n'y a t il pas là une sorte de déchéance et comme une dilution de son excellence pataphysique ? (nouvelle sensation). Nous ne craignons pas de dire bien haut, vous l'entendez (très bien , très bien !), ce que d'aucuns pensent peut être tout bas. Et puisque pour un tel Collège l'existence ne peut évidemment être beaucoup plus qu'un mal à peine nécessaire, nous ne serions pas loin de partager leur avis, si précisément ce mal nécessaire – et singulièrement par la vertu des contradictions qu'il implique – n'apparaissait comme susceptible de parfaire en profondeur le caractère pataphysique de ce Collège : car ce serait encore limiter la 'Pataphysique, sous prétexte de la soustraire aux frontières de l'être, que de vouloir la clore dans les domaines du non-être. (Applaudissements). Elle transcende l'un comme l'autre, et ainsi que nos Statuts l'affirment, l'existence d'un Collège ne saurait en aucune manière la restreindre ou l'étriquer, puisqu'elle est illimitation. (La salle se lève et applaudit le Vice-Curateur-Fondateur). Il n'avait pas besoin de naître pour que la 'Pataphysique fût. Ontologiquement, si je puis me servir d'un adverbe aussi grossier, la 'Pataphysique précède l'Etre. A priori, c'est évident puisque l'Être n'a pas plus de raison d'être que la raison n'a d'être. A posteriori, ce l'est tout autant puisque les manifestations de l'être sont aberrantes et leur nécessité toute contingente.
[...]
Et voilà le Collège pataphysiquement fondé(Acclamations). Car c'est en lui que se fait l'unique et fondamentale distinction entre la Pataphysique, substance, si l'on peut dire, de l'être et du non-être, et la 'Pataphysique, science de cette substance, ou en d'autres termes, entre la Pataphysique qu'on est et la 'Pataphysique qu'on fait. Aussi y a-t-il, comme l'énoncent nos Statuts, deux sortes de Pataphysiciens : d'une part ceux qui le sont sans le vouloir ni le savoir, ni surtout vouloir le savoir : c'est, ce doit être, ce sera l'immense masse de nos contemporains, d'autre part, ceux qui se reconnaissent, s'affirment, s'exigent Pataphysiciens et en qui la Pataphysique surabonde. En eux réside le véritable Privilège Pataphysique, puisque "la 'Pataphysique est la science ". (Vivats interminables). Ce sont donc eux que réunit notre Collège en son Arche inutile qui vogue et divague sur le déluge des utilités. Regretterions-nous qu'il ne puisse être d'esprit démocratique, ni s'adresser àtous ? Ne faut-il pas, dans les déluges, les flots du grand nombre pour porter l'as noëtique ? Croyez-vous qu'une entreprise qui ne prend au sérieux ni le sérieux, ni le rire, ce sérieux honteux, et qui se refuse àêtre lyriquement lyrique, àservir àquoi que ce soit, àsauver l'homme enfin ou, ce qui est encore plus curieux, le Monde, puisse être de prétention oecuménique ? (Cris : non, non !) Le Collège n'est point une Eglise. Il n'a pas à conquérir le plus d' "âmes" possible. Au surplus, la plupart ne pourraient s'y complaire, car, dans leur pataphysiquement naïve méconnaissance de la Pataphysique (qu'ils incarnent pourtant), ils trouvent une sorte de cordial médiocre, dont ils ne sauraient guère se passer. (Murmure désapprobateur). Minoritaires par vocation, (murmure approbateur) nous n'en sommes que plus alertes pour entreprendre notre navigation épigéenne sur ce nouvel as idoinement paraffiné qu'est le Collège de 'Pataphysique. (Applaudissements, vivats et acclamations. L'Assemblée se lève et chante l'Hymne des Palotins).